Matière médicale diététique : le *jīngmǐ* — le chef des cinq grains, l'ancêtre des cent saveurs

« *dào* (稻), *nuò* (糯), *jīng* (粳), *shú* (秫) — quatre grains de même nature, d'usages différents ; le *jīng* est le grain quotidien par excellence : il nourrit la rate et l'estomac, accroît le qi et la force, développe les muscles, apaise l'agitation et la soif. »

« Le jīngmǐ est de saveur douce et amère, de nature neutre, et non toxique. Il tonifie principalement le qi, apaise l’agitation et arrête la diarrhée. » (「粳米,味甘、苦,平,无毒。主益气,止烦,止泄。」)

Tao Hongjing, Míngyī Biélù · Qualité moyenne · Section des grains (《名医别录·中品·米部》, dynastie Liang) (le Běnjīng original ne contenait pas d’entrée pour le jīngmǐ ; ceci est le complément apporté par Tao au Běnjīng)

« Le jīngmǐ, doux et amère, de nature neutre, non toxique. Il tonifie le qi, apaise l’agitation, arrête la diarrhée, harmonise le qi de l’estomac, développe les muscles, fortifie les tendons et les os, débloque les vaisseaux sanguins, accroît l’essence et renforce la volonté, embellit le teint. » (「粳米,甘、苦,平,无毒。益气,止烦,止泄,和胃气,长肌肉,壮筋骨,通血脉,益精强志,好颜色。」)

Li Shizhen, Běncǎo Gāngmù · Section des grains · Jing (《本草纲目·谷部·粳》, dynastie Ming) (compilation des dires des auteurs antérieurs)

« Le jīngmǐ, doux et neutre. Il convient de le consommer en bouillie. La bouillie est la première substance tonifiante pour l’homme sous le ciel. » (「粳米,甘,平。宜煮粥食。粥饮为世间第一补人之物。」)

Wang Shixiong, Suíxī Jū Yǐnshí Pǔ · Catégorie des boissons de céréales (《随息居饮食谱·谷饮类》, dynastie Qing)

I. Exégèse des noms : dào, nuò, jīng, shú — le discernement des quatre grains

Le jīngmǐ (粳米), c’est la graine de riz (Oryza sativa L.), plante herbacée annuelle de la famille des Poacées (graminées) du genre Oryza, qui, une fois décortiquée, donne le riz (dàmǐ, 大米) que nous consommons quotidiennement.

Li Shizhen en donne la distinction la plus détaillée :

« Dào (稻), nuò (糯), jīng (粳), shú (秫) — ces quatre grains : le dào et le shú sont d’une même catégorie. Celui qui est glutineux est le nuò ; celui qui ne l’est pas est le jīng. Le nuò signifie « tendre » ; le jīng signifie « dur » ; le shú est une variété de nuò à maturation précoce et à saveur douce et agréable. » (「稻、糯、粳、秫,此四谷者,稻、秫一类也。黏者为糯,不黏者为粳。糯者,懦也;粳者,硬也;秫者,糯之早熟而甘美者也。」)

Li Shizhen, Běncǎo Gāngmù · Section des grains · Dao (《本草纲目·谷部·稻》, dynastie Ming) (édition critique de Liu Hengru)

En résumé :

  • Dào (稻) : terme générique désignant le riz.
  • Jīng (粳) : le riz non glutineux, c’est-à-dire le riz de consommation quotidienne, « dur ».
  • Nuò (糯) : le riz glutineux, propre à la fabrication du vin et des gâteaux, « tendre ».
  • Shú (秫) : variété de nuò à maturation précoce, aussi appelée « nuòshú » (糯秫), de saveur plus douce que le riz glutineux, parfois utilisé en vinification populaire.
  • Dào et shú sont de même catégorie : Li Shizhen affirme explicitement que « dào et shú sont d’une même catégorie », par opposition au « nuò » qui est « le dào glutineux » ; il ne faut pas les confondre avec le « jīng ».

Tao Hongjing dit également :

« Le jīngmǐ, que l’on appelle aujourd’hui dàomǐ (riz), — celui qui est blanc et lustré est de nature neutre ; le rouge est de même nature. » (「粳米,今人呼为稻米,其白而润泽者,性平;赤者,亦同。」)

Běncǎo Gāngmù citant Tao Hongjing

Selon la classification actuelle, le jīngmǐ se subdivise en jīng précoce (zǎojīng, 早粳), jīng tardif (wǎnjīng, 晚粳) et jīng xiān (xiānjīng, 籼粳, dit « sīmiáo » 丝苗) ; le wǎnjīng, plus glutineux et plus doux, a un pouvoir tonifiant supérieur ; le zǎojīng, un peu plus dur, est meilleur pour fortifier la rate.

II. Nature, saveur et entrée dans les méridiens : doux et neutre, pénètre rate et estomac

Synthèse des diverses matières médicales :

Source Nature Saveur Entrée dans les méridiens Remarques
Míngyī Biélù · Qualité moyenne neutre douce, amère tonifie le qi, apaise l’agitation, arrête la diarrhée (le Běnjīng original ne contenait pas d’entrée pour le jīngmǐ ; ceci est le complément de Tao Hongjing au Běnjīng)
Qiānjīn Yàofāng · Shízhì neutre piquante, amère traite principalement l’agitation du cœur et arrête la dysenterie
Rìhuázì Běncǎo neutre fortifie les tendons et les os, tonifie les intestins et l’estomac
Yǐnshàn Zhèngyào neutre douce, amère tonifie le qi, apaise l’agitation, arrête la diarrhée, harmonise le qi de l’estomac, développe les muscles
Běncǎo Gāngmù neutre douce, amère entre dans les méridiens de la Rate et du Poumon (ainsi que dans l’Estomac, le Gros intestin et le Petit intestin) expose en détail la distinction entre jīng, nuò et shú
Suíxī Jū Yǐnshí Pǔ neutre douce entre dans les méridiens de la Rate et de l’Estomac convient à la consommation en bouillie

Synthèse : Le jīngmǐ est de saveur douce, de nature neutre, de qualité médiane et harmonieuse ; sa couleur blanche l’associe au Poumon, sa saveur douce à la Rate, il pénètre principalement le méridien zútàiyīn de la Rate (zútàiyīn píjīng, 足太阴脾经) et le méridien shǒuyángmíng du Gros intestin (shǒuyángmíng dàchángjīng, 手阳明大肠经), et constitue l’aliment dont la Rate et l’Estomac se plaisent.

Le Běncǎo Gāngmù précise davantage :

« Le jīngmǐ… de qi doux et amer, de nature neutre, entre dans les deux méridiens de la Rate et de l’Estomac, ainsi que dans le Cœur, le Poumon, le Gros intestin et le Petit intestin. Il tonifie le centre et accroît le qi, fortifie la rate et harmonise l’estomac, dissipe l’agitation et apaise la soif, arrête la diarrhée et la dysenterie. » (「粳米,……气昧甘苦,性平,入脾胃二经,兼入心肺大小肠。补中益气,健脾和胃,除烦止渴,止泻止痢。」)

Běncǎo Gāngmù · Section des grains

Li Zhongzi, dans le Léigōng Pào zhì Yào xìng Jiě (《雷公炮制药性解》, dynastie Ming), dit aussi :

« Le jīngmǐ, de couleur blanche entre dans le Poumon, de saveur douce entre dans la Rate ; il tonifie le centre et accroît le qi, fortifie les tendons et les os, débloque les vaisseaux sanguins, accroît l’essence et renforce la volonté, embellit le teint, apaise l’agitation et la soif, arrête la diarrhée et la dysenterie. » (「粳米,色白入肺,味甘入脾,补中益气,坚筋骨,通血脉,益精强志,好颜色,止烦渴,止泄痢。」)

III. Fonctions et indications : tonifier le qi, harmoniser l’estomac, apaiser l’agitation, arrêter la diarrhée, développer les muscles

La vertu du jīngmǐ réside avant tout dans la Rate et l’Estomac.

Le Míngyī Biélù de Tao Hongjing pose d’emblée le principe : il tonifie principalement le qi, apaise l’agitation et arrête la diarrhée. Les matières médicales postérieures s’appuient toutes sur ce fondement et l’étendent progressivement :

  1. Tonifier le centre et accroître le qi : Les cinq organes tirent tous leur qi de l’Estomac ; le jīngmǐ, doux et neutre, nourrit l’Estomac ; quand le qi de l’Estomac est nourri, le qi des cinq organes est florissant. Wang Shixiong dit :

    « Le jīngmǐ, doux et neutre. La bouillie est la première substance tonifiante pour l’homme sous le ciel. Lorsque les pauvres souffrent de syndromes de déficience, qu’ils substituent une décoction épaisse de riz à la décoction de ginseng, ils obtiennent à chaque fois des résultats remarquables. » (「粳米,甘,平。粥饮为世间第一补人之物。贫人患虚证,以浓米饮代参汤,每收奇绩。」)

    Suíxī Jū Yǐnshí Pǔ · Catégorie des boissons de céréales

  2. Fortifier la rate et harmoniser l’estomac, développer les muscles : La Rate gouverne la transformation et le transport ainsi que les muscles. Le jīngmǐ cultive la terre (la Rate appartient à la Terre) afin d’engendrer le métal (le Poumon appartient au Métal) ; quand le qi est suffisant, les muscles sont florissants. Chen Jiamo, dans le Běncǎo Méngquán (《本草蒙筌》, dynastie Ming), dit :

    « Le jīngmǐ profite à l’homme, fortifie la rate et nourrit l’estomac ; on ajoute celui-ci dans les diarrhées, et il peut aussi fortifier les tendons et les os, accroître le qi et la force. » (「粳米,益人,健脾养胃,泻者加此,亦可壮筋骨,益气力。」)

  3. Apaiser l’agitation et la soif : La bouillie de jīngmǐ, qui reçoit le liquide clair à sa surface, peut nourrir le yin et engendrer les liquides pour apaiser l’agitation et la soif. Li Shizhen :

    « La bouillie de jīngmǐ favorise la miction, apaise l’agitation et la soif, nourrit les intestins et l’estomac. » (「粳米粥,利小便,止烦渴,养肠胃。」)

    Běncǎo Gāngmù · Section des grains, citant les auteurs antérieurs

  4. Arrêter la diarrhée et la dysenterie : Grillé jusqu’à exhaler son parfum, le jīngmǐ resserre les intestins et arrête la diarrhée ; grillé jusqu’au noir profond, il acquiert en outre une vertu astringente. La « décoction de riz grillé » (炒米汤) du Shèngjì Zǒnglù (《圣济总录》, dynastie Song) traite la diarrhée incessante — elle procède précisément de ce principe.

  5. Débloquer les vaisseaux sanguins, accroître l’essence et renforcer la volonté, embellir le teint : Ce sont les effets d’une prise prolongée. Cette assertion apparaît pour la première fois dans l’entrée sur le jīngmǐ du Míngyī Biélù (le complément de Tao Hongjing au Běnjīng) :

    « Le jīngmǐ… débloque les vaisseaux sanguins, accroît l’essence et renforce la volonté, embellit le teint. » (「粳米,……通血脉,益精强志,好颜色。」)

    Tao Hongjing, Míngyī Biélù · Qualité moyenne (dynastie Liang)

Sun Simiao, dans le Qiānjīn Yàofāng · Shízhì, consigne également sous l’entrée jīngmǐ l’effet de « développer les muscles » ; mis en regard avec « accroître l’essence et renforcer la volonté, embellir le teint » (formule du Biélù), on voit qu’après Zhang Zhongjing, tous les auteurs s’appuient sur le Biélù pour bâtir leur doctrine.

IV. Examen des variétés : jīng précoce, jīng tardif, jīng rouge

Parmi les jīng, on distingue encore les variétés précoce, tardive, rouge, blanche, que Li Shizhen examine en détail dans le Běncǎo Gāngmù :

« Le jīng a trois récoltes — précoce, moyenne et tardive ; c’est le riz blanc tardif qui est le premier… Le rouge profite à la rate et arrête la diarrhée ; le blanc profite à l’estomac et apaise l’agitation. » (「粳有早、中、晚三收,以晚白米为第一,……赤者,益脾而止泄;白者,益胃而止烦。」)

Běncǎo Gāngmù · Section des grains

  • Jīng blanc (báijīng, 白粳) : de couleur blanche, nourrit le Poumon et l’Estomac.
  • Jīng rouge (hóngjīng, 红粳, chìjīng, 赤粳) : de couleur rouge, entre dans le Cœur et nourrit le sang ; Li Shizhen fonde son propos sur l’assertion « le rouge profite à la rate et arrête la diarrhée », et le Běncǎo Gāngmù invoque en outre le Jīnkuì Yàolüè à titre de preuve thérapeutique ; toutefois, dans le chapitre du Jīnkuì · Baihe Huhuo Yinyang Du Bing (百合狐惑阴阳毒病), la « Poudre d’haricot rouge azuki et d’angélique » (Chìxiǎodòu Dāngguī Sǎn, 赤小豆当归散) a pour composition originale « haricot rouge azuki trois shēng (trempé jusqu’à germination, puis séché au soleil), angélique dix liǎng », la substance employée y est l’haricot rouge azuki, et non le « riz rouge » ; il ne faut donc pas le confondre avec le jīng rouge.
  • Jīng tardif (wǎnjīng, 晚粳) : plus glutineux et plus doux, pouvoir tonifiant supérieur.
  • Jīng précoce (zǎojīng, 早粳) : un peu plus dur, meilleur pour fortifier la rate et arrêter la diarrhée.

V. Préparation et usages diététiques : décoction, bouillie, riz cuit, grillé

1. Décoction de jīngmǐ (eau de riz, huile de bouillie)

La décoction de jīngmǐ, c’est-à-dire le liquide épais qui surnage lors de la cuisson du riz (couramment appelée « huile de bouillie » zhōuyóu, 粥油, ou « huile de riz » mǐyóu, 米油), est consignée par Zhao Xuemin de la dynastie Qing dans le Běncǎo Gāngmù Shíyí (《本草纲目拾遗》) :

« L’huile de riz a la force de remplir les pores ; c’est ce qui fait le plus engraisser l’homme. Le médecin de Yue Quan Danruo dit : ceux qui sont noirs et maigres, en la consommant, deviennent en cent jours gras et blancs — sa vertu de nourrir le yin surpasse celle de shúdì (rhizome de rehmannia préparé). » (「米油,力能实毛窍,最肥人。越医全丹若云:黑瘦者食之,百日即肥白,以其滋阴之功,胜于熟地。」)

Běncǎo Gāngmù Shíyí, Rouleau 8

La décoction de jīngmǐ est le premier produit merveilleux pour la convalescence des maladies, des accouchées et des personnes âgées, que le Suíxī Jū Yǐnshí Pǔ qualifie de « première substance tonifiante pour l’homme sous le ciel ».

2. Bouillie de jīngmǐ

La bouillie est le mode de préparation le plus approprié du jīngmǐ.

Wang Qishi, dans le Lǐxū Yuánjiàn (《理虚元鉴》, dynastie Ming), expose que le traitement de la déficience repose sur trois fondements — le Poumon, la Rate et les Reins — tandis que la bouillie de jīngmǐ convient tout particulièrement à la culture des personnes souffrant de déficience simultanée du Poumon et de la Rate.

Le Shòushì Qīngbiān (《寿世青编》, dynastie Qing) de You Cheng réunit un catalogue de bouillies nourrissantes, telles que la bouillie de graine de lotus, la bouillie d’igname de Chine, la bouillie de yìmǐ (orge perlé), toutes prenant le jīngmǐ comme base, auxquelles s’ajoutent divers ingrédients.

3. Jīngmǐ grillé et jīngmǐ brûlé

Le jīngmǐ grillé jusqu’au jaune léger est appelé riz grillé (chǎomǐ, 炒米) ; grillé jusqu’au noir profond, il est appelé riz brûlé (jiāomǐ, 焦米).

  • Jīngmǐ grillé : parfumé et éveillant la rate, ouvre l’appétit et favorise la prise alimentaire.
  • Jīngmǐ brûlé : astringent et arrêtant la diarrhée ; en cas de diarrhée prolongée ou de fuite intestinale, boire de la décoction de riz brûlé en guise de thé est extrêmement efficace. Sun Simiao, dans le Qiānjīn Yìfāng · Rouleau 19 · Maladies diverses (《千金翼方·卷十九·杂病》, dynastie Tang), consigne la méthode de mets grillés pour arrêter la dysenterie.

4. Associations du jīngmǐ avec diverses substances médicinales

Dans le Shānghán Lùn et le Jīnkuì Yàolüè de Zhang Zhongjing, le jīngmǐ entre dans de très nombreuses formules :

  • Báihǔ Tāng (白虎汤, Décoction du « Tigre blanc », Shānghán Lùn) : shígāo (gypse), zhīmǔ (anemarrhena), gāncǎo (réglisse), jīngmǐ, où le jīngmǐ est employé pour « protéger le qi de l’estomac et préserver les liquides », et traite la plénitude de chaleur dans la couche du Yangming se manifestant par grande transpiration, soif intense et pouls vaste.
  • Zhúyè Shígāo Tāng (竹叶石膏汤, Décoction de feuille de bambou et de gypse, Shānghán Lùn) : où le jīngmǐ assiste le rénshēn (ginseng) et le màidōng (ophiopogon), pour accroître le qi et harmoniser l’estomac, nourrir le yin et engendrer les liquides ; traite la phase tardive des maladies de la chaleur, lorsque la chaleur résiduelle n’est pas encore dissipée et que le qi et les liquides sont tous deux blessés.
  • Màiméndōng Tāng (麦门冬汤, Décoction d’ophiopogon, Jīnkuì Yàolüè) : màiméndōng (ophiopogon), bànxià (pinellia), rénshēn (ginseng), gāncǎo (réglisse), jīngmǐ, dàzǎo (jujube), traite la toux du « poumon flasque » (fèiwěi, 肺痿) et la gêne pharyngée.

L’usage que Zhang Zhongjing fait du jīngmǐ procède toujours de sa vertu de douceur et de neutralité pour nourrir l’estomac, d’harmonie du centre et de tonification du qi ; c’est aussi le modèle originel des bouillies ultérieures qui nourrissent le qi de l’estomac.

VI. Contre-indications et précautions alimentaires

Les contre-indications du jīngmǐ consignées par les diverses matières médicales sont大致如下 :

  1. Le nouveau jīngmǐ est de nature légèrement froide, il met facilement en branle le vent pathogène ; le jīngmǐ vieux (riz vieux du grenier, chéncāngmǐ, 陈仓米) est de nature neutre et nourrit l’homme. Li Shizhen :

    « Le jīng : le riz nouveau met en branle le vent, le riz vieux fait descendre le qi ; il convient particulièrement aux malades. » (「粳,新米动风,陈米下气,病人尤宜。」)

    Běncǎo Gāngmù · Section des grains, citant les auteurs antérieurs

  2. Le jīngmǐ ne doit pas être consommé avec de la viande de cheval : Sun Simiao, dans le Qiānjīn Shízhì (《千金食治》) :

    « Le jīngmǐ… consommé avec de la viande de cheval, provoque des maladies chroniques incurables. » (「粳米,……和马肉食之,发痼疾。」)

    Qiānjīn Yàofāng · Shízhì

  3. Le jīngmǐ ne doit pas être consommé avec cāng’ěr cru ( xanthium ) : Zhang Zhongjing, dans le Jīnkuì Yàolüè · Traité des contre-indications et du traitement des fruits, légumes et céréales (《金匮要略·果实菜谷禁忌并治》), dit explicitement :

    « Si l’on mange de la bouillie de riz blanc, qu’on ne consomme pas de cāng’ěr cru, sinon survient un zǒuzhù (bi-vent errant). » (「食白米粥,勿食生苍耳,成走注。」)

    « Zǒuzhù » (走注) désigne les douleurs erratiques de la bi-vent (rhumatismes erratiques) ; c’est pourquoi lorsqu’on prend de la bouillie de riz blanc, on ne doit pas consommer de cāng’ěr cru. L’assertion selon laquelle cela provoquerait « douleur cardiaque soudaine et mort subite » est liée à l’intoxication par le cāng’ěr lui-même, et non à une incompatibilité d’association entre le jīngmǐ et le cāng’ěr — il faut bien distinguer ces deux choses.

  4. Sous cāngzhú ( atractylode ) ou báizhú ( atractylode blanc ), on s’abstient de pêche, prune, moineau, sōngcài (chou de Chine) et poisson noir : C’est là l’interdiction propre à la prise isolée de « zhú » (atractylode), consignée explicitement dans le Běncǎo Jīng Jí Zhù de Tao Hongjing et dans la section Zhú du Běncǎo Gāngmù de Li Shizhen : le zhú « est incompatible avec la pêche, la prune, le moineau, le sōngcài et le poisson noir ». Dans les formules classiques, le jīngmǐ est souvent associé au gypse, à l’ophiopogon, à l’aconit, etc. (comme dans le Báihǔ Tāng, le Zhúyè Shígāo Tāng, le Màiméndōng Tāng, le Fùzǐ Jīngmǐ Tāng, le Táohuā Tāng, etc.) ; les formules classiques où « zhú » et « jīngmǐ » sont directement associés sont rares — nous n’y insisterons donc pas.

  5. Diabète et plénitude d’humidité-chaleur : Le jīngmǐ doux et neutre tonifie le centre, mais il est aussi onctueux et entrave la Rate ; les personnes fortement atteintes de chaleur-humidité, de mucosités-liquides ou de diabète avec soif doivent en réduire la quantité, ou le substituer par le yìmǐ (orge perlé), le chìxiǎodòu (haricot rouge azuki) ou le qiáoomài (sarrasin) — c’est là un accommodement des auteurs ultérieurs, non consigné dans les textes classiques.

VII. Synthèse des auteurs des matières médicales

Dynastie Auteur Source Point de vue essentiel
Liang Tao Hongjing Míngyī Biélù · Qualité moyenne · Section des grains tonifie le qi, apaise l’agitation, arrête la diarrhée (le Běnjīng original ne contenait pas d’entrée pour le jīngmǐ ; ceci est le complément de Tao au Běnjīng)
Tang Sun Simiao Qiānjīn Yàofāng · Shízhì neutre, piquant et amer ; traite principalement l’agitation du cœur, arrête la dysenterie, développe les muscles
Tang Meng Shen Shíliáo Běncǎo tonifie le qi, apaise l’agitation, arrête la diarrhée ; à consommer cuit en bouillie
Cinq Dynasties Rihuazi Rìhuázì Běncǎo fortifie les tendons et les os, tonifie les intestins et l’estomac
Yuan Husihui Yǐnshàn Zhèngyào · Section des grains neutre, doux et amer ; harmonise le qi de l’estomac, développe les muscles
Yuan Jia Ming Yǐnshí Xūzhī expose en détail les contre-indications du jīngmǐ et la distinction entre les céréales
Ming Ning Yuan Shíjiàn Běncǎo fortifie la rate et ouvre l’appétit, arrête la diarrhée et la dysenterie
Ming Li Shizhen Běncǎo Gāngmù · Section des grains · Jing rassemble les grandes réalisations des auteurs antérieurs, distingue dào, nuò, jīng et shú
Ming Gong Tingxian Shòushì Bǎoyuán · Alimentation la bouillie de jīngmǐ nourrit l’estomac, le riz vieux profite à la rate
Qing Wang Shixiong Suíxī Jū Yǐnshí Pǔ · Catégorie des boissons de céréales doux et neutre, la bouillie est la première substance tonifiante pour l’homme sous le ciel
Qing Zhao Xuemin Běncǎo Gāngmù Shíyí · Huile de riz la vertu de nourrir le yin de l’huile de riz surpasse celle de shúdì (rehmannia préparé)

VIII. Conclusion

Le jīngmǐ, chef des cinq grains, ancêtre des cent saveurs, aliment quotidien dont on ne s’aperçoit pas, maître de la culture de la vie sans renommée.

Sa nature est douce et neutre, sa qualité pure et harmonieuse ; il pénètre la Rate et l’Estomac, nourrit le qi et le yin, tonifie le qi et apaise l’agitation, harmonise l’estomac et arrête la diarrhée, développe les muscles et remplit les pores — la bouillie est la première substance tonifiante pour l’homme sous le ciel.

La parole de Wang Shixiong est la plus juste :

« Lorsque les pauvres souffrent de syndromes de déficience, qu’ils substituent une décoction épaisse de riz à la décoction de ginseng, ils obtiennent à chaque fois des résultats remarquables. »

Un bol de bouillie blanche au matinvoilà le meilleur des aliments thérapeutiques.


Bibliographie (textes canoniques à travers les âges)

  1. Zhang Zhongjing (dynastie Han), Jīnkuì Yàolüè · Traité des contre-indications et du traitement des fruits, légumes et céréales, vingt-cinquième (《金匮要略·果实菜谷禁忌并治第二十五》)
  2. Tao Hongjing (dynastie Liang), Míngyī Biélù · Qualité moyenne · Section des grains (《名医别录·中品·米部》)
  3. Tao Hongjing (dynastie Liang), Běncǎo Jīng Jí Zhù · Jingmi (《本草经集注·粳米》, reconstitution d’après les fragments de Dunhuang)
  4. Sun Simiao (dynastie Tang), Bèijí Qiānjīn Yàofāng · Rouleau 26 · Shízhì · Céréales et grains (《备急千金要方·卷二十六·食治·谷米》)
  5. Meng Shen (dynastie Tang), Shíliáo Běncǎo · Jingmi (《食疗本草·粳米》)
  6. Rihuazi (Cinq Dynasties), Rìhuázì Běncǎo · Jingmi (《日华子本草·粳米》)
  7. Tang Shenwei (dynastie Song), Zhènglèi Běncǎo · Jingmi (《证类本草·粳米》)
  8. Wang Huaiyin et al. (dynastie Song), Tàipíng Shènghuì Fāng · Section de l’alimentation thérapeutique (《太平圣惠方·食治门》)
  9. Husihui (dynastie Yuan), Yǐnshàn Zhèngyào · Rouleau 2 · Section des grains (《饮膳正要·卷二·米谷品》)
  10. Wu Rui (dynastie Yuan), Rìyòng Běncǎo · Section des grains (《日用本草·谷部》)
  11. Jia Ming (dynastie Yuan), Yǐnshí Xūzhī · Catégorie des céréales (《饮食须知·谷类》)
  12. Li Shizhen (dynastie Ming), Běncǎo Gāngmù · Section des grains · Dao, Jing (《本草纲目·谷部·稻、粳》, édition critique de Liu Hengru)
  13. Ning Yuan (dynastie Ming), Shíjiàn Běncǎo · Catégorie des céréales (《食鉴本草·谷类》)
  14. Li Zhongzi (dynastie Ming), Léigōng Pào zhì Yào xìng Jiě · Jingmi (《雷公炮制药性解·粳米》)
  15. Chen Jiamo (dynastie Ming), Běncǎo Méngquán · Jingmi (《本草蒙筌·粳米》)
  16. Gong Tingxian (dynastie Ming), Shòushì Bǎoyuán · Alimentation (《寿世保元·饮食》)
  17. Gao Lian (dynastie Ming), Zūnshēng Bājiān · Feuillet sur les boissons et les mets (《遵生八笺·饮馔服食笺》)
  18. Wang Shixiong (dynastie Qing), Suíxī Jū Yǐnshí Pǔ · Catégorie des boissons de céréales (《随息居饮食谱·谷饮类》)
  19. Zhao Xuemin (dynastie Qing), Běncǎo Gāngmù Shíyí · Huile de riz (《本草纲目拾遗·米油》)
  20. Huang Gongxiu (dynastie Qing), Běncǎo Qiúzhēn · Section des grains (《本草求真·谷部》)
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